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Présidentielles 2015 : Une élection sans enjeu majeur, pour Faure Gnassingbé

Dans seize (16) mois environ, les togolais se rendront aux urnes pour élire un nouveau Chef de l'Etat. Même si les tractations et les préparatifs ne sont pas nettement visibles au niveau des formations politiques, on remarque des réajustements et des positionnements politiques qui révèlent l'importance que les acteurs politiques accordent à cette échéance à venir. Toutefois, au vue des réalités sociopolitiques, économiques et culturelles de l'heure, on pourrait avec certitude conclure une élection présidentielle en 2015 sans enjeu majeur. Sur quoi repose une telle déduction ? Analyse!



Faure Gnassingbé , Chef de l'Etat Togolais. (photo: louis vincent)

Faure Gnassingbé sera-t- il candidat en 2015 ? Devrait-t-il se représenter? Quel crédit et succès accordet-il au processus de réconciliation s'il se représentait ? Voilà autant de question qui suscitent des débats et font couler abondamment d'encre.

Cependant, dans tout ce remue ménage, il existe une réalité politique qui, soit échappe à la raison des citoyens soit encore difficile à être acceptée par les politiques et les citoyens par rapport à leurs dogmes politiques.

Disposition juridique

Il faut, tout d'abord, noter que sur la question de la candidature ou non de Faure Gnassingbé aux élections présidentielles de 2015, la réalité est que l'argument juridique constitutionnel, à savoir l'article 59, intitulé comme suit : " Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de cinq (5) ans. Il est rééligible. Le Président de la République reste en fonction jusqu'à la prise de fonction effective de son successeur élu ", joue en faveur de ce dernier. Certains diront en termes de critiques que la Constitution a été toilettée le 31 décembre 2002.

Certes, mais, ils savent aussi pertinemment que même toilettée, elle est celle qui est toujours en vigueur et qui nous a conduit aux dernières élections législatives.

Disposition du jeu politique

D'un point de vue politique, et selon la définition de Machiavel (1469-1527) dans son oeuvre triomphale " le Prince " et que tout acteur politique a à son chevet, il a indiqué que : " Le but du prince est de conquérir le pouvoir, de le conserver et de rester en vie ". En d'autres termes, la politique est l'art de conquérir, d'exercer et de conserver le pouvoir.

Nous sommes dans un jeu politique et les stratégies politiques développées par le régime en place passe pour un chapitre jamais connu d'un élève et qui le surprend le jour de l'examen. L'habileté politique de Faure Gnassingbé semble trop difficile à cerner et à relever comme défi par une opposition en perte de vitesse et stratégiquement prévisible par le régime en place. Depuis 2006 à nos jours, ils n'ont brillé que par leur inefficacité et leur impertinence.

Une opposition désorganisée et politiquement inefficace

En effet, plus de trois (3) années de marches populaires, de 2010 à 2013, au bord de la plage pour revendiquer une élection remportée par Faure Gnassingbé et salué par la communauté internationale et les observateurs accrédités avant, pendant et après les élections.

Au lieu de réclamer la limitation du mandat présidentiel à travers les réformes. C'est ce qui a amené l'ex ambassadrice des Etats-Unis, à donner une leçon de politique à nos leaders de l'opposition, spécialistes de la marche. Elle a bien indiqué qu'il ne faut pas marcher pour marcher mais marcher pour réclamer des choses concrètes. Si cela était l'objet de la marche, peut-être que cela aurait été fait. Il lui fallait réclamer le pouvoir aux prix même de brader la limitation du mandat présidentiel. Ces soit disant opposants qui ne pensent qu'à eux-mêmes et non à l'avenir du pays.

En outre, la crème de leur insouciance vis-à-vis de l'intérêt général s'est manifestée par des conditions préalables inopportunes, notamment l'intégration des 9 députés ANC démissionnaires de l'Assemblée nationale, posées avant d'aller au dialogue qui débouchera sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Des préalables qui résonnaient de l'écho d'ambitions personnelles.

Après tout ce temps perdu, on en vient, à la veille des législatives à mendier le dialogue pour le minimum de consensus avant les élections. Voilà des stratégies politiques qu'on qualifierait de venant des apprentis politiciens. Une opposition où les ambitions personnelles des leaders les amènent à se tromper de cible politique et à s'affaiblir les uns et les autres par des coups bas et des comportements de bassesses, pour être fier d'être devenu le leader de l'opposition.

Des actions de développement louées par le peuple

Et, politiquement conscient de sa vision de réconciliation, de reconstruction nationale du pays sur tous les plans, et surtout conscient de la fébrilité des acteurs politiques de l'opposition qui, une fois au pouvoir, risqueraient de tout compromettre par leur comportement de conflits personnels, Faure Gnassingbé est convaincu qu'une nouvelle candidature avec son nouveau parti Union pour la République (UNIR) avec lequel il a entrepris les grands changements serait bénéfique pour le pays. Les électeurs pensent ils de même ? Rendez-vous dans 16 mois pour le savoir puisqu'il est acquis qu'il sera au rendez-vous.

Un point important militant pour cette déduction est aussi l'écroulement politique de l'Union des Forces de Changement (UFC), le parti de Gilchrist Olympio, qui se trouve aujourd'hui dans une tourmente difficile à dissimuler et incapable, dans les circonstances actuelles, d'avoir une quelconque influence sur le jeu politique électoral. Notons que ce parti, quoi qu'on dise s'était engagé dans l'alternative d'une probable alternance politique pacifique au Togo si l'accord RPT/UFC avait été compris et soutenu par le peuple.

Le nombre d'électeurs n'ayant pas participé aux législatives de juillet 2013 est estimé à environ 1 million 5 cents milles électeurs. Ce nombre important d'indécis est une réserve que Faure Gnassingbé est en train de séduire de jour en jour. Il faut constater qu'à chaque élection, les scores réalisés par le parti de Faure Gnassingbé est en constante croissance.

Par ailleurs, la construction des infrastructures routières modernes, l'amélioration des finances publiques, la mise en oeuvre d'une série de programmes pour l'emploi des jeunes et récemment le Fond National de Finance Inclusive (FNFI) pour prendre en compte les couches défavorisées en leur donnant les moyens d'entreprendre une activité génératrice de revenu est une véritable manifestation de volonté à l'égard des citoyens, qui n'attendent que de telles initiatives pour sortir de la pauvreté.

Ces réalisations sur le plan politique, économique, social et culturel qui ne cessent de semer le doute dans l'esprit des citoyens, électeurs en 2015, sur le risque d'interrompre cette dynamique de changement profond, longtemps chantée, environ 23 ans, par les acteurs politiques de l'opposition et qui voient Faure Gnassingbé les réaliser pour peu de temps d'exercice du pouvoir.

Il est donc clair que s'il faut battre Faure Gnassingbé à l'élection présidentielle de 2015, la tâche est incommensurable pour l'opposition qui actuellement est encore divisé sur la question de la candidature unique. Une opposition qui n'a pas de programme politique sérieux en dehors des ramassés de revendications syndicales et des recommandations des partenaires internationaux déjà connus par les populations.

Il reste cependant évident que Faure Gnassingbé est candidat à l'essor démocratique et la construction d'un Etat de droit. C'est à ce titre, qu'il lui revient de transcender les comportements de certains Chefs d'Etat Africains qui prennent sur eux de s'éterniser au pouvoir.

Entre Monarchie et Démocratie, la différence est trop fragrante pour ne pas s'engager dans une réelle volonté d'opérer les réformes institutionnelles et constitutionnelles. De ces réformes dépendent, non seulement, la démocratie de notre pays, mais aussi sa gloire politique, dont le peuple togolais ne serait prêt à oublier de si tôt.


Publié le 05.02.14 / (l´eveil de la nation)